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Par Classe de CE2 - Ecole Doisneau, Lyon 1 écrit le 26-04-2014
7è message : la boucle est bouclée

Bonjour Antoine

Nous nous retrouvons pour ce dernier message, déjà !

Ceux qui ont eu la chance de te voir étaient heureux, les autres étaient déçus mais attendent impatiemment l’exposition en juin.

Encore une fois pour « école et cinéma », nous avons vu une histoire d’enfants. C’était un film touchant sur une forte amitié entre 2 garçons. Il se passait en Iran. On a eu le sentiment que les enfants n’étaient pas très écoutés ou respectés par les adultes de ce village.

Après avoir regardé le message sur Aboulé, nous avons dressé un premier bilan de notre correspondance. On maintient à la fin du périple qu’il nous manquerait la télévision, les jeux vidéo, les livres mais aussi l’électricité, l’eau courante, les toilettes, le téléphone, la pluie / la neige, un lit douillet, des chaussures adaptées

Par la correspondance, on a appris que nous sommes tous

différents :      pour la langue, la couleur de peau, les vêtements, les conditions de vie, la météo, l’heure, les paysages, la façon de manger (assis par terre pour beaucoup)

                        devant la richesse / la pauvreté, les droits des enfants

pareils :            parce que nous allons tous à l’école (sauf Mangao et Baby Tokimaru) mais pas dans les mêmes conditions (nous sommes favorisés)

                        parce que nous jouons (avec des jouets fabriqués ou non).

« On s’est cultivé, on a appris plus de choses en dehors de notre école, on s’est ouvert aux choses, aux personnes, au monde. » (Elora)

On est marqué, on a eu de la chance de voyager avec toi. Certains ont eu envie de partir chez quelques uns des enfants rencontrés pour les vacances ou pour mieux« comprendre comment ils vivent ». (Maël)

Qui voudrait échanger sa place ?

ponctuellement : vacances ou 1 an

Agathe, Salomée, Elora avec Melisse parce que c’est beau, le paysage est paradisiaque.

Maël avec Mangao pour apprendre à grimper et cueillir dans les arbres.

Sarah, Andréa, Kristina avec Maxine pour devenir des mini miss.

définitivement :

Nina, Ben Omar, Divine avec Melisse pour se baigner.

Elyazid avec Baby Tokimaru pour faire du théâtre.

Nous avons encore quelques questions mais tu y répondras de vive voix lors de notre rencontre à l’école :

  • Antoine lequel de ces pays as – tu préféré ?
  • Quel est l’enfant qui t’as le plus marqué ?
  • T’es – tu senti vraiment toujours à l’aise avec les personnes que tu as rencontrées ?
  • Dans tous les pays que tu as visités, quel est  ton plat préféré ?
  • Trouves – tu pratique de manger au ras du sol ?
  • Aboulé a – t – il déjà coulé en pleine pêche ?
  • Quel est le plus gros poisson pêché par Aboulé ?
  • As – tu construit un bateau en papyrus ?
  • T’est – il arrivé de  dormir dans les mêmes conditions que les enfants rencontrés ?
  • Qu’est – ce que ton voyage t’a apporté humainement ?

Nous attendons avec impatience de te revoir.

A bientôt pour l’expo.

Les CE2

Un grand merci à Antoine pour avoir entraîné les enfants dans cette grande et belle aventure. Ils ont pu découvrir grâce à de magnifiques photographies, des paysages somptueux et des modes de vie tellement éloignés des leurs. Ils ont pris conscience des différences énormes dans les conditions de vie qui peuvent exister de par le monde tout en réalisant que les enfants du monde entier ont des valeurs communes.

Grâce à Antoine et ses interrogations parfois difficiles, nous avons pu aborder des thèmes complexes comme la place de l’éducation / de l’école dans l’avenir d’un enfant, le rapport à l’argent,  l’existence des droits des enfants et leur respect ou non, l’avenir de notre environnement selon qu’on le respectera ou pas, l’importance à accorder à l’apparence physique.          

Ils ont pu également par nos échanges autour des thèmes traités s'apercevoir  de la diversité des pays d'origine des parents de plusieurs enfants.  Ils se sont aussi rendu compte que certains, pourtant si proches parmi les camarades de classe, n’ont pas une vie toujours facile, comme on pourrait l’imaginer en France.                                                                                                                                       Je souhaite que cet aspect humain de l’aventure les aidera dans leurs relations futures avec les « autres ».

Et même si on n’a pas toujours été dans « les  clous » de toutes les matières du programme officiel, cette ouverture d’esprit vers les autres, vers un autre mode de travail, de recherche, restera je l’espère un moment privilégié dans leur mémoire.

Il ne nous reste plus qu’à préparer avec enthousiasme notre exposition commune.

Rendez – vous donc au 13 juin à l’école des Tables Claudiennes ou à l’un des 3 autres rendez – vous prévus à Lyon pour visiter l’exposition « Enfances « .

V. Rousseau

Par Antoine Boureau écrit le 13-04-2014
Ethiopie, dernier message

Bonjour les enfants et merci pour ces nouvelles printanières.

Je vais essayer de répondre à toutes vos questions.

Et toi, as-tu voté ou demandé à un proche de le faire ?

Je suis revenu juste à temps pour voter au second tour des élections mais les années précédentes je m’organisais pour trouver quelqu’un qui vote pour moi.

Tiens, quel est le décalage horaire avec Ouagadougou ?

Avec Ouagadougou il y a 2 heures de décalage.

Sur la photo, est – ce que tu reconnais les chasseurs, les paysans, les travailleurs du village, les musiciens et les masques ? Est – ce que de nos jours, la vie du village de Mohamadi ressemble encore un peu à celle présentée ?

La vie au village de Mohamadi ressemble encore un peu à celle présentée par la maitresse même si certaines choses ont changées. Par exemple, il n’y avait pas de chasseur et très peu de musiciens.

Combien de langues internationales parles – tu ?

Je parle bien l’anglais et je connais aussi un peu d’espagnol et de portugais ce qui était pratique en Amérique du sud.

Est – ce que les Burkinabè mangent du manioc ?

Oui, au Burkina Faso, il y a aussi du manioc !

Que mangent les enfants à part du mil et du riz ?

Au Burkina Faso, la spécialité c’est le tô qui est fabriqué avec de la farine de maïs, ça ressemble un peu à la polenta. Au niveau des fruits, il y a beaucoup de mangues, de bananes et d’ananas.

Est – ce qu’ils font du pain ? Y a – t – il des fours au sol ?

Je n’ai pas vu de four au sol mais il y a peut-être certains endroits où il y en a.

As – tu dormi chez Mohamadi et Latifatou ?

Non, pour chacun des enfants que j’ai photographiés, je ne dormais pas chez eux mais dans une maison d’hôtes (sauf Melisse).

As – tu montré tes photos à leurs parents ?

Oui ! Ils ont eu chacun un petit album avec leurs photos.

Enfant regardant un album photo en Afrique

Y a – t – il un gardien pour le grenier à mil ?

Les gens du village ne se volent pas entre eux et le grenier à mil est situé au milieu du village. Il n’y a donc pas de gardien.

Comment s’appelle cette espèce de bœuf ?

Il y a beaucoup d’espèce de bœufs différentes et certains croisements. Je vous avoue que je ne suis pas un spécialiste.

Est – ce que des animaux de Mohamadi sont déjà morts pendant la saison sèche ?

Je ne lui ai pas demandé, donc je ne sais pas…

Comment l’enseignant peut corriger tous les cahiers de 74 élèves ?

Il m’a dit que cela lui prenait beaucoup de temps et surtout ça pèse lourd lorsqu’il les ramène chez lui en mobylette.

Est – ce qu’il y a plusieurs niveaux dans leurs classes ?

Chaque classe a un seul niveau. Dans la classe de CE2 de Mohamadi ils sont donc 74 mais les CE1 sont 93.

Est – ce qu’ils apprennent les mêmes matières que nous ?

Oui les matières sont très similaires car les programmes sont très inspirés de l’éducation nationale française. La maitresse vous expliquera d’ailleurs pourquoi le jour non travaillé dans la semaine n’est pas le mercredi mais le jeudi.

Ont – ils une infirmière scolaire ?

Il n’y a pas d’infirmière scolaire par contre une infirmière passe une fois par an dans le cadre d’un programme de vaccination, comme pour vous.

Mohamadi a – t – il un bureau pour faire ses devoirs ?

Mohamadi n’a pas de bureau mais il s’assoit sur le sol ou bien parfois : une craie, une porte et hop ! il est possible de s’entrainer à faire du calcul.

Calcul

Est – ce que tu as entendu jouer du balafon ou d’autres percussions ?

J’ai entendu jouer plusieurs percussions, du balafon et d’autres instruments dont je ne connais pas le nom.

Latifatou et Mohamadi jouent – ils d’un instrument ?

Et non… Souvent les enfants qui jouent de la musique ont eux même des parents musiciens et dans la tradition on les appelle les griots.

 

Et maintenant bienvenue à bord de ce dernier message !

Nous allons nous rencontrer bientôt, mais avant, partons vers l’Afrique de l’Est.

Destination Ethiopie ; le plus vieux pays du monde ou plutôt, pour être précis, le pays de Lucy. Vous la connaissez ?

Au bout d’une semaine sur place je rencontre Aboulé, 13 ans, pêcheur sur le lac Hawassa situé à côté de la ville du même nom. Je trouve son bateau magnifique et il m’explique (par l’intermédiaire d’un interprète) qu’il le fabrique lui même avec du papyrus.

Il utilise la même technique que les égyptiens, il y a 3000 ans !

Aboulé pêche

Aboulé et ses poissons

Les poissons qu’il pêche s’appellent des tilapias. Dès qu’il revient, il les vend au plus offrant.  Il gagne comme cela 40 à 60 birr par jour soit environ 2 euros. Enfin… cela dépend de la pêche.

Avec cet argent, il mange sur le marché un plat de pâtes avec du piment (8 birr), achète ses cahiers et stylos pour aller en classe et aussi aide ses parents.

Aboulé au marché

 

Il pêche soit le matin, soit l’après-midi en fonction de l’école. En effet, les cours ont lieu par demi-journées. L’école n’a qu’une classe qui accueille en alternance 2 groupes de 50 élèves.  La plupart des écoles fonctionnent comme cela en Ethiopie ainsi que dans de nombreux pays !

 

Aujourd’hui Aboulé a mathématiques. Le maitre porte une blouse blanche et au tableau il y a la date du jour :

Date ethiopienne

Etrange, non ? Et pourtant beaucoup de calendriers différents existent à travers le monde. En Afghanistan nous sommes en 1393. En Birmanie nous sommes en 2557…

Toutefois, une autre spécificité existe en Ethiopie avec l’heure. Les aiguilles tournent bien dans le même sens mais 0h en Ethiopie correspond à 6 heures du matin. C’est un système unique au monde, je pourrai vous l’expliquer quand on se verra.

À la suite du reportage photo avec Aboulé, il me restait un peu de temps. Je suis allé faire des photos pour une association qui s’appelle : «  Simien Mountain Mobile Medical Services »

Sur les hauts plateaux éthiopiens, il n’y a pas ni route ni moyen de communication. Et aussi ni médecin ni centre de soin.

Getou, un habitant d’un village des montagnes Simien a eu la chance de faire des études et il a choisi de devenir infirmier. Depuis 4 ans il a créé cette association, il se rend à dos d’âne consulter, soigner ou prescrire des médicaments. Il fait aussi de l’éducation à l’hygiène pour les adultes et dans les classes.

 

Chaque jour il se déplace et se rend dans un village différent. Le week-end il rentre chez lui mais en semaine, la nuit, il dort dans une tente. Il visite 32 villages. Ce sont 30000 personnes qui peuvent compter sur lui.

Pour tous ces gens il est l’unique soigneur.

Voici une photo des enfants d’un village où nous nous sommes rendus ensemble.

Quelques jours plus tard, je suis rentré en France. A présent je m’occupe de préparer l’exposition et le livre « Enfances » pour que tout soit prêt lorsqu’on va se rencontrer !

A très vite

Antoine