Français - English

Messages

Montrer les messages par date
Filtrer par auteurs ou par titre
Par Classe de CE2 - Ecole des Tables Claudiennes, Lyon 1 écrit le 27-04-2014
Réponse 7

Bonjour Antoine,

Quelle surprise de te voir dans notre quartier! Quand on s'est croisés, nous étions en train de prendre des photos de notre chemin d'école pour l'exposition avec toi! En ce moment, on travaille beaucoup pour le projet : on apprend à prendre des photos avec Isabelle, on écrit des poèmes sur les pays que tu as visité ou sur les enfants que tu as rencontré... Nous espérons que ça te plaira!

Merci pour le dernier message. Nous connaissons Lucy bien sûr, nous en avons parlé lorsque nous avons étudié la Préhistoire avec Teresa.

Nous avons plusieurs questions : Quand tu étais en Ethiopie, as-tu aidé les élèves dans leur travail à l'école?

Pourquoi les professeurs portent-ils des blouses?

Que mangent les éthiopiens, à part les pâtes au piment? D'ailleurs, en as-tu goûté? Yassi demande si tu as craché le feu!

Sur la dernière photo de ton message, on a l'impression que les enfants ont le nez qui coule. Sont-ils malades? S'ils sont très malades, survivent-ils si le soigneur n'est pas là?

Pourquoi le calendrier dans certains pays est-il décalé par rapport au nôtre? Est-ce que tu as pris des photos d'autres calendriers au cours de tes voyages?

Quelles sont les températures en Ethiopie? Neige-t-il parfois? On a l'impression qu'il fait froid quand on voit les tenues des gens...

Et maintenant que ton voyage est terminé, que vas-tu faire à part les expositions dans les différentes villes?

On te dit au revoir, on est très pressés d'être à la date de l'exposition!

A bientôt, les CE2 des Tables Claudiennes.

 

 

 

Par Antoine Boureau écrit le 13-04-2014
Ethiopie, dernier message

 

 

Bonjour les enfants et merci pour toutes ces nouvelles,

Je vais essayer de répondre à toutes vos questions.

Lorsqu'il s'occupe du troupeau de son père, Mohamadi arrive-t-il à se faire obéir par les animaux ?

Il connaît bien le troupeau et sait se faire obéir.

Est-il aidé par un chien ?

Non, par contre il n’est pas seul, Issa le gardien de troupeau des jours d’école garde le troupeau avec lui.

Arrive-t-il à compter les vaches ?

Oui, je crois qu’il les connaît même chacune avec leurs particularités.

A-t-il déjà perdu une vache ?

Oh non, cela serait très grave. Parfois il va chercher l’âne qui a tendance à s’enfuir…

Est-ce qu'il arrive que des animaux sauvages attaquent les troupeaux ?

J’ai posé cette question, et il n’y a pas d’animaux sauvages dangereux pour le troupeau dans cet endroit là. Les lions vivent un peu plus loin.

Est-ce qu'il a peur ?

Je ne crois pas qu’il ait peur quand il garde le troupeau, par contre il a des peurs comme chacun d’entre nous.

Pourquoi les classes sont-elles aussi chargées ?

Les classes sont aussi chargées car ça coûte cher au gouvernement de construire des bâtiments et de payer des professeurs.

Combien d'élèves y a-t-il en tout dans l'école ?

Je ne sais pas exactement mais il y a 6 classes avec une moyenne d’environ 80 enfants par classe. Je vous laisse faire le calcul.

Communiquais-tu en français avec Mohamadi et Latifatou ?

Oui, je communiquais en français, mais j’essayais d’utiliser les mêmes mots de vocabulaire qu’eux. Par exemple pour dire que quelque chose est usé, ils utilisent le mot gâté, de ce fait pour dire qu’un ballon de foot est crevé, on va dire qu’il est gâté, je m’adaptais un peu.

As-tu vu malgré tout, des maisons plus grandes que celles de Mohamadi et Latifatou, avec plusieurs pièces ou étages ?

Oui j’ai vu des maisons plus grandes, celle où je vivais était un peu plus grande par exemple avec plusieurs pièces. Toutefois il n’y avait pas d’étage, il y a très peu d’étages dans les maisons au Burkina Faso.

Et maintenant bienvenue à bord de ce dernier message !

 

Nous allons nous rencontrer bientôt, mais avant, partons vers l’Afrique de l’Est.

Destination Ethiopie ; le plus vieux pays du monde ou plutôt, pour être précis, le pays de Lucy. Vous la connaissez ?

Au bout d’une semaine sur place je rencontre Aboulé, 13 ans, pêcheur sur le lac Hawassa situé à côté de la ville du même nom. Je trouve son bateau magnifique et il m’explique (par l’intermédiaire d’un interprète) qu’il le fabrique lui même avec du papyrus.

Il utilise la même technique que les égyptiens, il y a 3000 ans !

Aboulé pêche

Aboulé et ses poissons

Les poissons qu’il pêche s’appellent des tilapias. Dès qu’il revient, il les vend au plus offrant.  Il gagne comme cela 40 à 60 birr par jour soit environ 2 euros. Enfin… cela dépend de la pêche.

Avec cet argent, il mange sur le marché un plat de pâtes avec du piment (8 birr), achète ses cahiers et stylos pour aller en classe et aussi aide ses parents.

Aboulé au marché

 

Il pêche soit le matin, soit l’après-midi en fonction de l’école. En effet, les cours ont lieu par demi-journées. L’école n’a qu’une classe qui accueille en alternance 2 groupes de 50 élèves.  La plupart des écoles fonctionnent comme cela en Ethiopie ainsi que dans de nombreux pays !

 

Aujourd’hui Aboulé a mathématiques. Le maitre porte une blouse blanche et au tableau il y a la date du jour :

Date ethiopienne

Etrange, non ? Et pourtant beaucoup de calendriers différents existent à travers le monde. En Afghanistan nous sommes en 1393. En Birmanie nous sommes en 2557…

Toutefois, une autre spécificité existe en Ethiopie avec l’heure. Les aiguilles tournent bien dans le même sens mais 0h en Ethiopie correspond à 6 heures du matin. C’est un système unique au monde, je pourrai vous l’expliquer quand on se verra.

À la suite du reportage photo avec Aboulé, il me restait un peu de temps. Je suis allé faire des photos pour une association qui s’appelle : «  Simien Mountain Mobile Medical Services »

Sur les hauts plateaux éthiopiens, il n’y a pas ni route ni moyen de communication. Et aussi ni médecin ni centre de soin.

Getou, un habitant d’un village des montagnes Simien a eu la chance de faire des études et il a choisi de devenir infirmier. Depuis 4 ans il a créé cette association, il se rend à dos d’âne consulter, soigner ou prescrire des médicaments. Il fait aussi de l’éducation à l’hygiène pour les adultes et dans les classes.

 

Chaque jour il se déplace et se rend dans un village différent. Le week-end il rentre chez lui mais en semaine, la nuit, il dort dans une tente. Il visite 32 villages. Ce sont 30000 personnes qui peuvent compter sur lui.

Pour tous ces gens il est l’unique soigneur.

Voici une photo des enfants d’un village où nous nous sommes rendus ensemble.

Quelques jours plus tard, je suis rentré en France. A présent je m’occupe de préparer l’exposition et le livre « Enfances » pour que tout soit prêt lorsqu’on va se rencontrer !

A très vite

Antoine